VMC gaz collective et kit individuel : comprendre le dispositif avant d'y toucher

Dans de nombreux immeubles collectifs construits entre 1970 et 1990, la ventilation de la cuisine n'est pas un caisson individuel mais le Kit VMC gaz : une extraction collective par conduit maçonné, tirée par un moteur installé en toiture-terrasse, et un kit de réglage individuel posé en partie privative. Comprendre ce montage évite les fausses manœuvres qui dégradent la ventilation de tout l'immeuble.

Le principe : deux familles de conduits, trois types

Le système est décrit par l'arrêté du 2 août 1977 (modifié) relatif aux conduits de fumées et de ventilation collective. On distingue :

  • Type AM : un conduit unique qui reçoit les sorties individuelles de plusieurs logements par des piquages. Chaque logement n'a en général qu'une sortie cuisine ; la dépression dans le conduit doit rester inférieure à 20 Pa pour éviter les courts-circuits entre logements.
  • Type GM : un conduit par logement, sans communication entre logements. C'est la conception la plus sûre : l'air extrait de votre cuisine ne peut pas contaminer celui du voisin.
  • Type VMG : ventilation mécanique globale du réseau collectif, avec passage de l'air par les Gaines techniques verticales (GTV) et surpression dans les Gaines techniques non-chauffées (GTN) : c'est la surpression du GTN qui pousse l'air vers les pièces sèches, l'extraction en GTV tirant cuisine et WC.

Le moteur de toiture crée une dépression dans les conduits ; le kit individuel, lui, assure la régulation du débit du logement et la sécurité contre les retour de fumée.

Le kit individuel : ce qu'il contient vraiment

Le kit posé au-dessus de la hotte ou au départ de la gaine cuisine comprend en général un clapet ou un coupe tirage (empêche le retour d'air du conduit vers le logement), un organe de réglage du débit (souvent calibré 15, 30 ou 45 m³/h pour la cuisine), et parfois un dispositif asservi à la hotte. Sur certains dispositifs, le kit est couplé à un capteur d'humidité pour le mode petit débit ou grand débit. Le kit n'est pas un accessoire : sans lui, le conduit collectif tirerait en permanence un débit non maîtrisé et, en cas d'arrêt du moteur de toiture, le conduit cesserait de protéger les logements contre les remontées d'air.

Qui entretient quoi en copropriété

Le moteur de toiture, les conduits et leurs souches sont des parties communes : leur entretien (nettoyage des conduits, contrôle du moteur, étanchéité des souches) incombe à la copropriété, normalement annuellement, avec une attestation de ramonage et de vérification des débits. Le kit individuel et les bouches sont privatives : leur dépoussiérage et le contrôle du clapet relèvent du copropriétaire ou du locataire. Une copropriété qui n'entretient plus les souches voit les moteurs se givrer, les débits collectifs chuter, et chaque cuisine tirer moins de 10 m³/h sans que personne n'ose le dire dans le PV de l'AG.

Les erreurs à ne pas faire

  • Boucher ou réduire le départ du kit « parce que ça tire trop » : vous courtcircuitez l'équilibre de la colonne et le voisin voit son débit chuter.
  • Installer une hotte à extraction sur le piquage sans respecter le calibrage du kit : une hotte à 400 m³/h dans un conduit type AM est une pollution croisée garantie.
  • Remplacer le moteur de toiture individuel par un caisson privé en partie privative sans étude de compatibilité : la dépression du conduit est un équilibre d'immeuble, pas un réglage de cuisine.

Le réflexe

Avant toute intervention, demandez au syndic la dernière attestation d'entretien du dispositif collectif et le type de conduit (AM, GM ou VMG) porté sur le carnet d'entretien de l'immeuble. C'est ce document qui vous dit ce que vous avez le droit de toucher.