On parle longuement des gaines, des débits et des filtres ; rarement de la partie électrique. Or la moitié des interventions ratées sur un chantier de ventilation viennent de là : circuit partagé avec l'éclairage du garage, disjoncteur qui saute au dégivrage, caisson inaccessible derrière une cloison fermée. Le référentiel, c'est la NF C15-100 et, pour les logements neufs, les exigences du label Promotelec que les contrôleurs appliquent. Tour d'horizon de ce qui est attendu.
Circuit dédié ou pas ?
Rien n'impose un circuit exclusif pour le seul caisson de VMC : la NF C15-100 autorise de le mélanger sur un circuit « prises » ou « éclairage » dans la limite des calibre et nombre de points autorisés. En pratique, un circuit dédié de 1,5 mm² sous disjoncteur 10 ou 16 A courbe C reste la règle de l'art, pour deux raisons : le caisson ne doit jamais se retrouver sur le même disjoncteur qu'un appareil capable de le faire disjoncter (congèlateur, chauffe-eau), et le sectionnement de la ventilation doit pouvoir se faire sans éteindre une pièce. Pour les caissons double flux à résistance de préchauffage ou à pompe de relevage des condensats, le circuit dédié devient une nécessité de fait : le courant d'appel n'a rien à voir avec celui d'un moteur EC de 30 W.
Protection différentielle et coupure omnipolaire
- 30 mA obligatoire en tête de circuit : dans le logement, tous les circuits sont protégés par des DDR 30 mA ; le caisson n'échappe pas à la règle, qu'il soit raccordé en sortie de tableau ou par un coffret divisionnaire.
- Coupure visible et accessible : l'appareil doit pouvoir être mis hors tension par un dispositif de sectionnement visible depuis son point de maintenance (interrupteur unipolaire ou omnipolaire de proximité, ou disjoncteur clairement repéré au tableau). Un caisson dans un comble n'accepte pas une coupure « quelque part dans le tableau du sous-sol » sans repérage écrit.
- Raccordement fixe : le caisson se raccorde en sortie de gaine ITC avec dominos ou wago adaptés, ou par cordon moulé sur prise de courant accessible ; le câble libre sous la machine n'est pas une solution réceptionnable.
Le coffret de commande : où et pourquoi
Le boîtier de sélection de vitesses (0-I-II ou inverseur à trois positions) se pose en partie habitable, à hauteur de main, jamais dans un volume non chauffé ni derrière un ouvrant de trappe. Si le caisson est asservi (sonde CO2, hygrostats, entrée tout-ou-rien d'une hotte), prévoyez au tableau les réserves de conducteurs qui permettent d'y raccorder ces ordres externes plus tard : tirer deux conducteurs de 1,5 mm² en réserve au moment du chantier coûte trois fois moins cher qu'une saignée de rattrapage.
Les trois vérifications de réception
- Mesurer l'isolement du circuit avant mise sous tension (250 V, plus de 1 MΩ entre phase+neutre et terre).
- Manœuvrer la coupure de proximité : le caisson doit s'arrêter visiblement, écran éteint, sans faire disjoncter autre chose.
- Vérifier qu'après une coupure secteur complète, le caisson redémarre sur la vitesse de consigne (pas à l'arrêt) et que la pompe à condensats, si elle existe, retrouve son automatisme.
La partie électrique d'une ventilation se juge en dix minutes, au multimètre et à l'œil. C'est le meilleur rapport qualité-prix de toute la visite de réception.


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