Désenfumage et ventilation de parking : quel texte s'applique à votre installationNormes et Reglementation
Désenfumage et ventilation de parking : quel texte s'applique à votre installation

Un parking n'est pas un local technique

Couramment, le maitre d'ouvrage traite la ventilation du parking comme un point de second œuvre : un caisson, deux réseaux, une grille en façade. Or dans un Établissement Recevant du Public comme dans la majorité des immeubles collectifs à parking en sous-sol, l'extraction mécanique des monoxydes et la gestion des fumées relèvent de la réglementation de sécurité incendie, inspectée, avec registre et périodicité. L'erreur de catégorie la plus fréquente est de dimensionner en confort et de réceptionner en sécurité.

Le texte de référence et la logique de catégorie

Pour les ERP, c'est l'arrêté du 25 juin 1980 qui fixe les prescriptions applicables aux parcs de stationnement couverts, modifié à plusieurs reprises, notamment après les évolutions sur les véhicules à batterie. La logique repose sur trois critères : la capacité du parc (nombre de places), son niveau d'enfouissement (premier sous-sol ou davantage), et la présence ou l'absence de locaux à risques particuliers en superstructure. Selon ces critères, le parc est classé en première ou deuxième catégorie, et c'est cette catégorie qui impose :

  • le débit d'exploitation en marche normale, typiquement un renouvellement complet de l'air du volume toutes les six heures environ pour l'exploitation courante, avec adaptation au monoxyde de carbone mesuré dans les parcs les plus exposés ;
  • le scénario de désenfumage, qui met en défaut l'exploitation et bascule sur un mode extraction de fumées avec amenée d'air en rez-de-chaussée, afin de maintenir les itinéraires de sortie praticables dix à trente minutes ;
  • le cantonnement des gaines et les coupe-feu au franchissement des compartiments.

Exploitation et désenfumage : deux machines dans le même local

Les systèmes se répartissent en deux familles. En extraction par jet impulsion combinée à une amenée naturelle en rampe, l'exploitation est pilotée par sondes CO et le désenfumage par le SMI ; en ventilation double flux mécanique avec calorifuge et clapets de désenfumage, les mêmes caissons basculent de débit selon le scénario. Dans les deux cas, trois composants sont critiques et visités à l'inspection : les volets de désenfumage avec leur temporisation de fermeture, le déclenchement depuis le point manuel de mise en sécurité, et l'alimentation de sécurité des caissons concernés par le désenfumage.

Ce qui se vérifie à l'inspection annuelle

  1. Mesure des vitesses aux ouvrables et contrôle du sens de soufflage des amenées ;
  2. Essai de mise en désenfumage depuis le point manuel, avec chronométrage du basculement des modes ;
  3. Vérification du registre de sécurité et de la traçabilité des maintenances ;
  4. Contrôle des trémies et de l'absence de stockage sauvage devant les amenées d'air, première cause réelle de non-conformité annuelle.

À anticiper dès la conception

Les points qui se règlent à l'étude et pas en inspection : la hauteur libre sous poutre disponible pour la hauteur utile de désenfumage, la localisation des amenées loin des issues de secours fumeuses, la redondance partielle des caissons au-delà d'une certaine capacité, et la gestion du risque spécifique des batteries lithium, qui a conduit à durcir contrôles et débits d'exploitation dans les textes récents. Un parking sous-sol bien étudié se reconnaît à l'installation que l'on n'a jamais eu à bricoler depuis la réception.