Ce que le procès-verbal doit contenir
Une VMC double flux installée mais jamais réglée tourne à l'aveugle : le caisson souffle et extrait ce que son réseau lui laisse passer, et personne ne sait si c'est ce qu'il faut. Le procès-verbal de réglage est le document qui clôt le chantier. Il doit porter, pièce par pièce, les débits mesurés en m³/h, la pression disponible au caisson, les températures d'air neuf et d'air extrait, le taux de récupération constaté, la position des registres et le réglage retenu sur chaque bouche.
Sans ce document, un Sinistres ou une réclamation de surconsommation dans trois ans se traite sans base de comparaison. Avec lui, on sait si le réseau a dérivé ou s'il n'a jamais été conforme.
Le déroulé en sept temps
- Vérification du réseau : longueurs réelles, nombre de coudes, état des raccords, absence de gaine écrasée. Un plan de chantier n'est pas un relevé de chantier.
- Test d'étanchéité avant calorifuge et faux plafond, sur les tronçons accessibles, avec le différentiel de pression noté.
- Calcul des débits cibles par pièce à partir du tableau réglementaire et de la surface, puis répartition entre insufflation en pièces principales et extraction en pièces de service.
- Mesure au caisson : débit et pression disponible à la vitesse retenue, confrontation avec la courbe du fabricant. Si le réseau consomme plus de pression qu'il n'en reste, on raccourcit ou on augmente de diamètre, on ne triche pas avec le variateur.
- Équilibrage : réglage des registres et des bouches jusqu'à obtenir le débit cible pièce par pièce, en conservant l'équilibre global entre insufflation et extraction à moins de 5 % d'écart.
- Contrôle des condensats : pente de l'évacuation, siphon amorcé, bon fonctionnement de la purge en conditions froides si la mise en service a lieu en hiver.
- Consignation : relevés, vitesse retenue, positions de registres, date, nom de l'opérateur. Une photo de chaque registre en position finale prend deux minutes et fait gagner des heures plus tard.
Le piège du réglage « au ressenti »
Air que l'on sent passer n'est pas débit mesuré. Un souffle désagréable en tête de lit signale souvent une bouche d'insufflation surdimensionnée pour le local plutôt qu'un défaut de réglage ; la correction est une réduction de débit locale, pas un bridage global qui affamerait les pièces de service. De même, un caisson qui « semble bien tourner » peut extraire 40 % sous le nominal : seule l'annection au débitmètre, ou le relevé à la bouche, le dit.
Conserver la trame pour le contrôle à douze mois
Un second relevé un an après la mise en service, comparé au premier, est la seule façon de distinguer un réseau stable d'un réseau qui dérive : filtre colmaté, gaine désolidarisée, bouche encrassée, registre qui a bougé. Le relevé ne prend pas plus d'une heure quand la trame du procès-verbal a été conservée et que les positions de registres ont été photographiées ; il prend une demi-journée quand il faut tout redéterminer. Le procès-verbal n'est pas un paperasse de chantier : c'est l'outil de diagnostic du prochain occupant.







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