Pourquoi l'échangeur gèle, et à partir de quand
Un échangeur air/air récupère la chaleur de l'air extrait pour réchauffer l'air neuf. Plus l'écart de température entre les deux flux est grand, plus l'air extrait se refroidit au contact de l'échangeur. Quand sa température en sortie d'échangeur passe sous 0 °C avec une hygrométrie intérieure correcte (cuisine, salle de bains), l'humidité qu'il contient se condense puis gèle sur les ailettes côté air vicié. En climat médian (H2), le phénomène devient plausible durablement sous −5 °C extérieur avec un débit important ; en zone H1 ou en altitude, il devient quasi quotidien par vague de froid. Le givrage n'est donc pas un défaut de fabrication : c'est la conséquence physique d'un rendement élevé dans un air froid et humide.
Les signes qui doivent alerter
- Chute du débit d'air neuf mesuré à la bouche, alors que les vitesses du caisson sont inchangées : la glace obstrue partiellement le passage.
- Ronflement ou sifflement nouveau du caisson, signe d'un déséquilibre des débits.
- Arrêts répétés du mode récupération, ou passages fréquents en by-pass signalés par la console.
- Condensation ou goutte-à-goutte au niveau de l'évacuation des condensats, signe que le cycle de dégivrage fond d'importantes quantités de glace.
Un caisson qui entre en givrage dès +2 °C extérieur avec un hygrométrie intérieure de 50 % a en revanche un problème : filtre encrassé, débit d'extraction anormalement bas ou by-pass qui reste fermé.
Les trois stratégies de dégivrage rencontrées
La boucle air/air (rotor ou register). L'appareil coupe momentanément l'air neuf, et fait recirculer l'air extrait sur l'échangeur pour le réchauffer de l'intérieur. Efficace et sans consommable, ce mode provoque une coupure temporaire du renouvellement d'air neuf : elle doit rester courte et limitée en fréquence, sinon la qualité d'air intérieur pâtit.
Le registre by-pass couplé à une régulation thermique. Plutôt que de dégeler, le caisson évite le givrage : il réduit ou court-circule la récupération quand la température d'air extrait en sortie d'échangeur approche du point de gel, quitte à laisser chuter temporairement le rendement. C'est le compromis le plus courant sur les caissons modernes bien réglés : on protège la machine et le confort au prix de quelques jours de rendement réduit.
La résistance électrique de préchauffe. Elle porte l'air neuf au-dessus du point de gel avant l'échangeur. Robuste contre les gels sévères, elle consomme de l'électricité au moment précis où les besoins de chauffage sont les plus élevés : sur un logement déjà proche de la compliance ERP, elle peut annuler une partie du gain attendu de la récupération.
Ce qu'il faut vérifier avant d'installer en climat froid
- La courbe de rendement annoncée à 0 °C et −5 °C, pas seulement à +7/+20 °C (conditions des fiches commerciales).
- Le débit d'air extrait réellement réglé dans les pièces humides : un débit d'extraction trop faible augmente le risque de gel côté échangeur.
- La présence et le réglage d'un seuil de protection antigel paramétrable dans la régulation.
- Le diamètre et la longueur de la gaine d'air neuf : une entrée d'air longue et non isolée abaisse encore la température en entrée caisson.
- La capacité d'évacuation des condensats : en gel prolongé, la coupelle peut regeler et provoquer des fuites.
Le geste de réglage qui réduit le risque sans rien changer au matériel
Dans un logement surventilé, une sur-extraction en cuisine et en salle de bains est le premier facteur de givrage. Redescendre les débits d'extraction au strict minimum réglementaire, puis vérifier l'équilibre soufflage/extraction, fait souvent disparaître les cycles de dégivrage répétés sans aucun matériel supplémentaire.


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