VMC double flux en appartement collectif : reprise sur borne terminale, colonne intacte

Le double flux en collectif n'est pas le double flux en maison

En maison individuelle, le double flux relie deux orifices : mur extérieur et toiture, tout au plus. En appartement d'immeuble collectif, la colonne d'extraction existante — béton ou galvanisé, terminaux en toiture, tirage naturel ou ventilateur en couronnement — est un organe commun qui ne s'obstrue pas, ne se débranche pas et ne se raccorde pas sans étude. Le montage admis, et le seul qui laisse la colonne intacte, est le double flux sur borne terminale individuelle : l'appartement conserve son raccordement à la colonne pour l'extraction des pièces d'eau, et le caisson double flux traite l'air neuf et l'air extrait des pièces principales en circuit court, sans jamais toucher à la colonne.

La borne à borne qui conditionne tout le reste

Le circuit individuel a deux bornes : l'orifice d'air neuf en façade (carottage en mur donneur, traversée d'isolant, manchette isolée) et l'orifice d'air extrait en pièce principale. Entre les deux, tout est réseau. Trois règles de terrain :

  • Longueur au-delà de 12 m par branch avec un seul coude à 90° entre ventilateur et bouche : au-delà, le débit disponible tombe et la pression disponible file en bruit. Le rigide lisse le trajet ; le souple annelé de 125 se limite à 6 m.
  • Traversées d'isolant par manchette continue, jamais par simple perçage : la condensation se forme au point froid de la traversée, pas dans la gaine.
  • Condensats par gravité : en collectif, la pente de 3 % minimum et l'évacuation vers l'EGP privative sont non négociables ; la pompe à condensats n'est pas une solution mais un dépannage, bruyant et fragile.

Ce qu'il faut demander, et à qui

L'orifice de façade en mur donneur modifie l'aspect extérieur : autorisation d'assemblée générale pour le percement, étude confiée au syndic avec le ramoneur et le bureau de contrôle si l'immeuble est recevant du public ou classé en troisième famille au sens du règlement de sécurité. Le raccordement à la colonne, lui, est interdit sans étude d'ensemble : un caisson individuel qui aspire dans une colonne commune dépressurise les étages inférieurs et peut refouler les odeurs de cuisine chez les voisins ; ce montage a déjà été condamné au civil pour trouble anormal de voisinage.

Équilibrage individuel dans un bâtiment collectif

  • Mesurer la dépression de la colonne à l'orifice de la cuisine, caisson arrêté et voisin du dessus en marche : c'est la marge que le raccordement individuel ne doit jamais consommer.
  • Consigne de débit bornée à 0,35 vol/h en collectif existant, quand la maison neuve viserait 0,5 ; l'objectif est le renouvellement, pas la pression.
  • Vérifier l'absence de transvasement au tube à fumigène côté cuisine : la fumée doit sortir par la bouche raccordée à la colonne, pas par les joints de fenêtre.

À retenir

Le double flux en collectif se pense comme une greffe : le circuit neuf vit dans l'appartement, la colonne reste maîtresse du tirage collectif. Deux orifices en façade, zéro touche à la colonne : c'est le seul montage qui dort tranquille après le vote.