Le colmatage d'une bouche hygroréglable ne ressemble pas à celui d'une bouche à débit constant. La crasse ne se contente pas de boucher les ouvertures : elle gaine le capteur hygrostatique, plaque le volet motorisé sur son siège et fausse toute la loi d'asservissement. Le résultat est contre-intuitif : une bouche encrassée peut aussi bien rester grande ouverte que refuser de s'ouvrir, et le diagnostic aboutit trop souvent au remplacement d'un module encore bon. Un nettoyage annuel méthodique, dix minutes par bouche, évite la pièce et le doute.
Le capteur se nettoie, il ne se frotte pas
- Le capteur est un film capacitif ou une lamelle hygroscopique logée dans un petit logement ventilé en façade de bouche. Un chiffon, une brosse souple ou un souffle d'air sec suffisent. Jamais de solvant, jamais d'eau, jamais de tampon abrasif : le film se décale ou se raye, et le décalage ne se rattrape pas.
- Après nettoyage, le séchage compte autant que le nettoyage. Un capteur humide de nettoyage commande un grand débit pendant plusieurs heures : c'est un comportement normal, pas une panne.
- Un test simple valide le capteur après remontage : souffler dessus à l'air expiré ou le placer dans un contenant avec un verre d'eau chaude ; le volet doit franchir le cran de débit en quelques minutes. Sans réaction, le module est hors service.
Le volet et son actionneur, la vraie source de blocage
Le volet se meut par un petit moteur pas-à-pas ou un servomoteur qui force peu. Un film de graisse de cuisine suffit à le coller à son siège, et le module, qui ne peut pas mesurer la position du volet, reste sur sa commande. Le nettoyage comprend donc : dépose du capot, dépoussiérage du cadre et des crans d'ouverture, nettoyage du volet à l'eau tiédère savonneuse et séchage complet, puis contrôle manuel de la course. Sur beaucoup de bouches de cuisine, le volet doit coulisser ou basculer sans point dur. Le point dur qui persiste après nettoyage propre signale l'actionneur, pas le réseau.
Le cas particulier de la bouche de cuisine
La graisse est le seul salissure qui ne se dépoussière pas : elle se dissout. Eau tiède et liquide vaisselle, rinçage à la serpillère humide, séchage. Les graisses animales déposées sur le volet forment à l'hiver une pellicule rigide qui colle le volet fermé : c'est l'explication la plus fréquente d'une salle de bains qui moisit alors que la cuisine semble correctement extraire. Sur les installations de cuisine avec hotte, la bouche subit en plus le report des graisses de cuisson : une inspection tous les six mois y est légitime.
Entrées d'air autoréglables : le même rituel côté façade
Les entrées d'air en menuiserie ou en façade fonctionnent sur le même principe de volet asservi, avec un capteur différentiel de pression cette fois. Toiles d'araignée et pollens bouchent l'orifice d'amont et le volet reste fermé faute d'information : le logement paraît hygroréglable et fonctionne en ventilation constante au petit débit. Le rituel est le même : dépoussiérage de la grille extérieure et du filtre, contrôle du mouvement du clapet au doigt, aucun dégraissant sur le capteur. Deux entrées sur trois mal nettoyées annulent le classement du système, ce que le relevé de débits annuel révèle immédiatement.
Noter ce qui a été fait
Un nettoyage de bouches hygroréglables se consigne : date, pièces traitées, module dont le test au séchage ou à la buée n'a pas réagi. Cette ligne de carnet distingue, six mois plus tard, une nouvelle dérive d'une bouche mal entretenue d'une vraie défaillance de module, et elle évite de commander six modules pour un défaut de nettoyage.


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