La section libre du terminal, première perte de charge du réseau d'amenée
Sur une VMC double flux, tout commence dehors. Le terminal d'entrée d'air neuf — manchon mural à capuche, embout de toiture ou grille à battants — est dimensionné au diamètre nominal du conduit, 125 ou 160 mm le plus souvent. Mais le diamètre nominal n'est pas la section libre : grillage de protection, moustiquaire et battants antirefoult réduisent la surface réellement ouverte. Un grillage à mailles fines monté sur un terminal 125 peut ramener la section libre à 55 ou 60 % du cercle nominal. À débit constant, l'air accélère dans les mailles : la perte de charge augmente, et avec elle le bruit d'amenée et la consommation du moteur d'extraction.
Les fabricants publient rarement cette section libre. Le praticien la déduit du relevé de débit à la bouche la plus défavorisée et de la courbe débit-pression du caisson : si le débit nominal n'est pas atteint alors que les filtres sont neufs et le réseau soufflage propre, la suspecte n°1 est l'entrée d'air. Un terminal sous-calibré se reconnaît aussi à la dépression mesurée côté amenée quand le caisson tourne à son régime nominal.
Ce que le terminal retient, et à quelle vitesse
Le terminal travaille en première ligne. Suivant l'exposition, il collecte :
- Pollens et duvets au printemps et en été, surtout en liseré de prairie ou sous des arbres à duvets (peupliers, platanes). Le feutrage se forme côté air entrant, côté mailles.
- Toiles d'araignée et insectes dès la fin de l'été, qui colmatent un moustiquaire plus vite qu'un pollen parce qu'elles créent un tissu continu.
- Retombées routières et suies en milieu urbain : dépôt gras qui agglomère la poussière et ne se souffle pas.
- Givre et neige poussée par le vent sur les terminaux mal orientés, dont le battant givré se plaque et coupe l'amenée.
Le symptôme typique est progressif : le débit relevé à la bouche chute d'une campagne à l'autre, l'hygrométrie des chambres grimpe en hiver, et le dégivrage du caisson se déclenche plus tôt qu'avant parce que l'amenée plus faible réchauffe moins l'échangeur côté air vicié. Beaucoup de propriétaires accusent alors le filtre EPM1, qui lui, est souvent propre : le colmatage est en amont.
Contrôle et nettoyage : le mode opératoire court
Une inspection du terminal d'entrée d'air neuf se fait sans démontage du caisson, deux fois par an au minimum (septembre et mars), davantage sous exposition arborée :
- Oter le capuchon ou la grille de finition, dépoussiérer le grillage au aspirateur brosse souple, côté air entrant.
- Laver moustiquaire et grillage à l'eau tiède, séchage complet avant remontage — un grillage déformé laisse passer les rongeurs et modifie l'aérodynamique.
- Vérifier le jeu du battant antirefoult : grippé ou collé par le givre, il fait clapet et peut bloquer l'amenée par grand vent.
- Contrôler l'étanchéité au pourtour du manchon : prise d'air parasite en hiver = condensation dans la gaine d'amenée et faux débit mesuré.
- Relever le débit à la bouche la plus défavorisée après nettoyage, et le comparer au relevé de mise en service porté au proces-verbal.
Le nettoyage se fait caisson à l'arrêt : certains constructeurs interdisent le soufflage à contre-courant au souffleur, qui chasse les débris dans le réseau au lieu de les retirer.
Choisir ou remplacer un terminal : les critères qui comptent
À remplacement, la règle est simple : ne jamais réduire la section libre d'origine. Un moustiquaire de rchange se prend à maille 1 mm maximum, et se calcule en tenant compte du facteur d'obstruction : un modèle annoncé 80 % de section libre est préférable à un modèle à maille très fine qui tombe à 50 %. Les terminaux à double paroi avec labyrinthe antirefoult protègent mieux du givre que les capuchons simples, mais ajoutent de la perte de charge : à vérifier sur la courbe du caisson, surtout en climat froid. Enfin, l'orientation de l'orifice compte : une entrée orientée vers un mur de refend, un conduit de cheminée ou une hotte de cuisine voisine recycle les fumées et les odeurs dans l'amenée, avec encrassement graisseux rapide de l'échangeur. C'est un défaut de conception visible dès la réception des travaux, et qui ne se corrige qu'en carotant ailleurs.


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