Pourquoi la traversée change de nature selon la paroi
Une gaine de ventilation qui traverse une simple cloison de distribution ne pose qu'un problème de fixation et d'esthétique. La même traversée dans une paroi coupe-feu — mur porteur en béton entre un garage et le logement, conduit technique traversant un dégagement, séparatif de locaux à risque — engage la fonction de compartimentage : l'objectif est de rétablir après passage un indice de pare-flamme et de pare-feu comparable à celui de la paroi d'origine. Un trou béant avec de la mousse polyuréthane autour d'un flexible détruit cette fonction en quelques minutes d'incendie : la mousse brûle, le conduit devient un chemin de fumées vers l'étage ou vers le garage.
La règle de l'art en trois couches
- Chemisage : un manchon métallique (acier galvanisé) dépasse de la paroi de part et d'autre, scellé au mortier ; le flexible ne traverse jamais la maçonnerie nue.
- Calfeutrement : matériaux à base de mastic intumescent, laine de roche dense maintenue par plaques, ou collerette intumescente autour du manchon. Les mousses acryliques et silicones ordinaires ne sont pas des produits de calfeutrement.
- Complément : en gaines principales, notamment en parking ou local à risque, un clapet pare-feu motorisé ou à fusion, maintenu ouvert par aimant et se refermant à 70 °C, posé avec ses 5 à 10 cm de gaine rigide de part et d'autre exigés par les fabricants.
Avant de carotter
- Demander la classe coupe-feu de la paroi (CF 1/2 h, paroi CF 4 h) : elle conditionne le système de traversée retenu, pas l'inverse.
- Vérifier les réseaux noyés : béton armé avec plancher chauffant, réservations existantes non bouchées ; en copropriété, un percement de mur porteur relève d'une décision d'assemblée.
- Bannir le percement « à la trépane » sans carottier : les éclats du diamètre 160 rendent le scellement impossible et obligent à un chemisage hors dimension.
- Garder l'accessibilité : un clapet pare-feu est un organe de sécurité qui se visite, un regard ou une trappe est exigé à proximité.
Le cas du garage et du conduit de fumées
Le cas le plus fréquent en rénovation : la gaine d'extraction traverse le mur garage-logement. On privilégie la traversée du plancher de combles plutôt que du paroi séparative ; à défaut, manchon scellé, calfeutrement intumescent et clapet pare-feu. Et l'on ne raccorde jamais une gaine de VMC, ne serait-ce que par un piquage de 80, à un conduit de fumées ou de gaz : la surpression du conduit en marche froide refoule les fumées dans le réseau de ventilation. Dans un local abritant un appareil à combustion, l'amenée d'air de combustion reste dédiée (article 41 de la DTU et règles d'installation gaz en vigueur).
Enfin, photographiez la traversée achevée et datez-la : en cas de vente ou de contrôle, la preuve du chemisage et du calfeutrement vaut mieux qu'une déclaration.


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